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   C'est la troisième année - c'est-à-dire depuis la création de l'événement - que La Nouvelle Revue de l'Inde a l'honneur et le plaisir de figurer parmi les partenaires officiels de ce qui s'appelle désormais Festival des Cinémas indiens de Toulouse, du 21 au 26 avril.
   Pour cette édition 2015, la formule est légèrement modifiée, avec notamment la création d'un Prix du Public. Frédérique Bianchi, aux commandes du festival, nous en dit beaucoup plus dans l'interview ci-dessous.
   Et n'hésitez pas à télécharger le programme complet.

La Nouvelle Revue de l’Inde et Indes réunionnaises : Frédérique Bianchi, sous une forme un peu différente, le festival toulousain de cinéma indien va connaître sa troisième édition : pouvez-vous dresser un bilan des deux premières ?

FB : Ne jamais oublier l'anecdote qui, aujourd'hui, me paraît révélatrice du terrain dans lequel le festival des cinémas indiens est arrivé : lors de la première édition, un quotidien populaire particulièrement lu et distribué nous a accordé un premier article pour annoncer l'ouverture du festival débutant et je l'en remercie encore. La photo qui illustrait l'article était… celle d'un chef Indien d'Amérique…
Lorsque nous nous sommes lancés dans l'aventure de la 1ère édition, aucune manifestation centrée sur les cinémas indiens n'avait réussi à passer le cap de 2-3 éditions en France. Et en plus nous nous lancions en province !
Nous avions zéro budget, nous étions fringants, ambitieux, mais débutants, nous avons pris conscience que beaucoup de travail et de temps seraient nécessaires pour institutionnaliser le festival dans le paysage toulousain. D'autant que, culturellement, Toulouse et sa région sont tournées vers les pays latins. En même temps nous avons bénéficié quasiment instantanément de soutiens, d'encouragements et d'un retour extrêmement chaleureux tant des spectateurs que des partenaires et cinémas.
Le bilan est tout à fait positif, grand succès d'estime, mais le défi est le même pour tous les festivals, et a fortiori les festivals jeunes : réussir à accorder succès d'estime et rentabilité financière.
Nous avons opté pour faire avec un budget modeste, ne pas engager la stabilité financière du festival et travailler dans la durée, ce pari est tenu, mais c'est vrai que nous ne faisons pas encore venir de stars de Mumbai !
Un festival ne doit pas être une étoile filante, il faut de l'endurance, de l'exigence et de l'enthousiasme toujours renouvelé, à chaque édition.
Les partenaires renouvellent leur confiance, nous sommes régulièrement contactés pour travailler avec de nouvelles structures et ne pouvons satisfaire toutes les demandes. Un lien fiable s'est construit avec les distributeurs, les publics nous attendent chaque année, j'espère que nous toucherons à chaque fois plus de spectateurs pour augmenter les entrées en salle et développer les autres facettes du projet.

LNRI/IR : La ville de Toulouse et sa région vous semblent-elles définitivement ouvertes au cinéma indien et à la culture indienne ?

FB : Toulouse est incontestablement une ville de cinéma, différemment de Paris, mais c'est une ville qui s'inscrit dans l'histoire du cinéma, beaucoup beaucoup de spectateurs, de nombreux festivals de cinéma, et encore beaucoup de potentiel, par exemple avec un tourisme que la France découvre alors qu'il est assez développé ailleurs : le tourisme lié au cinéma.
Pour autant les cinématographies indiennes y sont particulièrement méconnues, c'est un paradoxe compte tenu de la curiosité des publics pour toutes les cinématographies du monde. Le paysage festivalier toulousain est chargé, il faut réussir à la fois à faire sa place et donner à percevoir toute la richesse et la diversité des cinématographies indiennes.
Pourtant, Toulouse et sa région sont riches de tout un réseau d'acteurs du développement des relations franco-indiennes, les institutions commencent à s'intéresser au potentiel des relations entre l'Inde et la France, en clair il y a encore beaucoup à faire et c'est très stimulant !

LNRI/IR : Qu'est-ce qui change pour cette édition 2015 ? Quelles sont, en particulier, les nouveautés ?

FB : Plus de films qui ne sont pas encore en distribution française, un gros investissement humain et financier dans le sous-titrage, et la création d'un Prix du Public.

LNRI/IR : Pouvez-vous nous en dire davantage sur ce Prix du Public ? Pourquoi cette initiative et qu'en attendez-vous ?

FB : Nous offrons  la possibilité aux spectateurs de s'exprimer sur la sélection, sur la cinématographie et de nous en faire écho. Les distributeurs et les producteurs me demandent souvent après l'édition si les films ont plu au public, c'est l'occasion de le dire !

LNRI/IR : La création de ce prix laisse-t-elle supposer que les prochaines éditions verront se développer la dimension compétitive du festival ?

FB : Oui, clairement, c'était l'un des objectifs de départ, jamais perdu de vue, mais pour lequel on a pris un peu plus de temps, pour travailler les critères de la programmation. Commencer par un prix du public c'est définitivement inscrire notre festival dans sa relation aux spectateurs, nous voulons leur faire découvrir toute la richesse des films indiens et qu'ils puissent s'exprimer sur la sélection qu'on leur a concoctée ! Nous avons pour ambition d'ajouter des prix avec jury parce que le cinéma c'est aussi un univers professionnel et les réalisateurs et les producteurs aiment autant avoir le retour des spectateurs que celui de leurs pairs. Par ailleurs, encore une fois, les films indiens sont méconnus en France et les réalisateurs, les producteurs, les distributeurs indiens méconnaissent, eux, les publics français et le potentiel de la distribution en France. Ces prix sont aussi un vecteur pour une passerelle franco-indienne et pour le festival, bien sûr !

LNRI/IR : Selon vous, quels devraient être les moments forts et les films les plus marquants ?

FB : C'est assez difficile de ne sélectionner que quelques moments du mardi 21 au dimanche 26 !
Comme lors des deux éditions précédentes, nous organisons un temps fort festif le samedi avec deux projections (Cuckoo et Aiyyaa), un buffet sur réservation (Curry House), une démonstration dansée avec Tendanses Indiennes, à l'ABC et dans la foulée une soirée animée par DJ No Breakfast au Blind Tiger Bar.
Parmi toutes les projections, nous présentons à l'Espace des Diversités et de la Laïcité, le mardi 21 au soir, Margarita, with a straw, sur l'identité sexuelle et la sexualité autour du handicap, un rôle formidable pour Kalki Koechlin, la plus française des actrices indiennes.
Dans la mesure du possible, nous essaierons de proposer un temps d'échange avec le public après de nombreuses projections.
Le dernier jour, nous annoncerons le Prix du Public autour d'un pot de clôture au restaurant le Curry House et enchaînerons avec une soirée avec l'équipe, les partenaires et tous ceux qui veulent nous rejoindre pour finir en beauté autour de discussions sur les films, des rires, un moment convivial parce que le cinéma c'est aussi ce partage-là ! (sur réservation et participation).

LNRI/IR : Qu'en est-il des partenariats qui se tissent autour du festival ? En êtes-vous pleinement satisfaite ?

FB : Compte tenu de nos moyens humains et financiers, oui, je suis pleinement satisfaite. On peut toujours s'améliorer, des projets, des idées, nous en avons plein la tête, et d'ailleurs, on les réalisera, mais petit à petit. Nous souhaitons ne pas perdre de vue la dimension humaine et les temps d'échange avec les spectateurs. Les cinémas avec lesquels on travaille nous suivent pour la plupart depuis le début, ils nous font confiance et nous apprécions de pouvoir travailler avec eux, il en va de même avec nos partenaires.
Chaque année nous recevons de nouvelles propositions mais c'est une question de limites logistiques, humaines, économiques.
Cette année par exemple, nous en parlions depuis le début et ça voit le jour pour la 3ème édition : la médiathèque Cabanis de Toulouse proposera un cycle de projections de films hindi, en entrée libre (projections jeudi et dimanche, tout au long du mois d'avril), c'est fantastique, ça ouvre sur d'autres publics et permet à ceux qui les connaissent déjà de revoir des films célèbres sur grand écran alors que nous n'avons connu quasiment que des visionnages sur petit écran ; j'y assurerai d'ailleurs une conférence le 16 avril. Il y a ainsi des lieux avec lesquels nous aimerions travailler et ça ne s'est pas encore fait, peut-être l'année prochaine ? J'ai confiance, il faut parfois du temps pour que les projets aboutissent et c'est normal.
Nous initions aussi des contacts avec d'autres manifestations autour de l'Inde et ses cinémas ailleurs en France et c'est aussi stimulant et riche d'idées, de perspectives : notre priorité est de faire circuler la culture, de la partager, d'en débattre, un festival est une opportunité merveilleuse pour cela et nous exploiterons ce potentiel à l'infini !

LNRI/IR : Quels sont vos souhaits les plus chers pour cette édition 2015 ?

FB : Des échanges vivants avec les spectateurs car si nous n'avons pas de rendez-vous avec des stars à offrir, nous travaillons particulièrement cette dimension humaine et toute l'équipe se rend disponible pour écouter les questions des spectateurs et parler cinéma, culture. Nous voulons que cette rencontre avec la cinématographie indienne soit la plus conviviale, ouverte, instructive pour tous, nous compris.
Que les spectateurs aiment les films que nous avons sélectionnés et nous encouragent à poursuivre encore, que d'autres partenaires aient envie de nous rejoindre et de nous soutenir !
Et enfin nous espérons que les spectateurs seront encore plus nombreux au rendez-vous ! Venez découvrir un creuset de cultures séculaires et vivantes, des films où la vie bruisse à chaque pas (de danse) et vibre de toutes ses couleurs, des plus sombres aux plus gaies !

Le programme complet, au format PDF.
Retour sur l'édition 2014.
Retour sur l'édition 2013.


 

 


 

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