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L'exploration des continents intérieurs
Les secrets de la vitalité de l'Inde

Par Aster Mira Patel

     Toutes les grandes cultures portent l’empreinte d’une quête qui leur est propre. Cette quête part d’une intuition de l’univers dont elle cherche à percer les secrets.
   L’Inde a en elle une intuition de ce genre, qui a persisté à travers les âges. Qu’elle est-elle ?
   Que la Réalité est Une, qu’elle est le fait indivisible d’une Existence consciente dont la Conscience est l’essence même. Celle-ci se projette en formes tirées de sa propre substance par l’action de la Force et de l’Énergie qui lui sont inhérentes, et par l’inaliénable Joie de sa propre expression. Ainsi crée-t-elle cet univers extraordinaire.
   Sa manière de chercher aussi est unique à l’Inde: connaître Cela par quoi tout le reste est connu !

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   Pour connaître cette Existence consciente une et indivisible, le chemin le plus sûr et le plus direct est de l’explorer comme une réalité de notre propre être, d’entrer délibérément et profondément en notre propre conscience, afin d’en découvrir toutes les dimensions possibles et tous les modes d’action. Tel est le premier pas, car telle est la source de connaissance  la plus accessible: l’expérience directe. Puis, l’Existence étant Une – en essence comme en ses formes –nous pouvons étendre plus largement cette expérience à la connaissance de tout l’univers.
   Aussi la première question que l’esprit indien pose est “Qu’est-ce que l’homme ?” puis, et de manière plus significative encore, « Que pouvons-nous devenir ? »
   Nos possibilités de devenir sont de première importance, car là réside le sens secret de toutes nos potentialités et, par conséquent, de tous leurs développements et toutes les réalisations à venir. Ainsi nos possibilités évolutives nous sont-elles révélées et l’homme devient alors capable de les poursuivre délibérément. Cet effort conscient de dépassement de soi prend la forme d’une exigence pratique menant à la découverte de procédés, tant psychologiques que physiques, qui opèrent à différents niveaux de l’être conscient. Ces procédés sont identifiés à travers des expériences répétées et affinés jusqu’à ce que leurs résultats soient confirmés par une pratique constante. Cet effort soutenu s’est constitué dans le temps en une ligne d’expériences solidement fondées qui se présentent à nous sous la forme des nombreuses disciplines de « yoga ».

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   La riche exploration de notre conscience nous donne accès aux vastes domaines des “contenus de conscience” de l’univers lui-même, tant dans ses formes que dans son essence ; Ce faisant, nous découvrons le mouvement complexe de ce Tout ainsi que le dynamisme de ses opérations, ses interactions de forces et de résultats, à la fois dans le monde et dans l’homme, en sa double dimension individuelle et collective.
   Cette exploration nous mène aussi au secret de la forme : de la matière comme substance de la conscience en son acte créateur, et de la joie qu’elle trouve à se projeter elle-même dans le contour d’une forme objective, en laquelle la réalité subjective de l’unité est toujours tangible et active dans les formes que son énergie revêt. À tout moment elle peut transcender ce contour même qui l’objective et recouvrer l’étendue complète de sa subjectivité consciente, consciente d’être à soi-même sa seule et évidente Réalité.
   Ces questions sont de celles qui se présentent aujourd’hui aux frontières de la recherche et les meilleurs esprits scientifiques du jour en débattent à la lumière des méthodes propres à leurs champs d’activités.

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   L’esprit Indien commença sa quête avec ces questions et s’efforça de trouver les réponses susceptibles d’étancher sa soif de connaissance, mais d’une connaissance qui puisse être obtenue par expérience directe dans la conscience humaine, qui puisse s’incorporer aux opérations de son être et, ce faisant, amener un changement qualitatif de son fonctionnement. Nous trouvons là un chemin concret pour un développement individuel plus grand, ainsi que la base d’une pratique possible qui pourrait s’étendre à tout le tissu de sa vie collective.
   Une manière de connaître qui restât séparée et éloignée des pouvoirs de la volonté et de l’action ne fut jamais le chemin de prédilection de l’esprit indien. L’utilité de cette approche de la connaissance avait sa place légitime mais ce qui était recherché de la manière la plus ardente et la plus persistante à travers les âges jusqu’à nos jours, était la connaissance par laquelle on devient ce que l’on sait. Une connaissance qui, à travers l’expérience, se mêle aux opérations mêmes de notre conscience en ses nombreuses dimensions et, par là même, s’unit à notre volonté et notre action dans la vie et sur la matière. L’acte de connaître, de vouloir, d’agir, devient alors un seul flot de l’être conscient.
   Cette exploration représente une ligne continue d’efforts de l’esprit indien à travers son histoire. L’expérience ainsi constituée était continûment corroborée par de nouvelles tentatives et reformulée en de nouvelles formes, consignées en des textes d’ordre psychologique, yogique, littéraire, en d’anciens « shastras », traités portant sur les sciences, les arts, la politique et l’économie, qui établissaient les structures de la vie collective des hommes.

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   Quelles ont étés les découvertes essentielles de cet effort continu et ardu d’exploration de la conscience, porté par une longue ligne de chercheurs à travers toutes les vicissitudes de l’histoire Indienne ?
   Cette exploration révéla, avec une extraordinaire confirmation de ses découvertes principales tout au long du chemin, qu’il y a des niveaux de conscience, certains présentant une forme concentrique et d’autres une forme verticale. Deux structures, aux niveaux qualitativement distincts mais qui s’interpénètrent et interagissent en leurs actions et, par conséquent, dans leurs résultats.
   Lorsque nous observons la forme la plus extérieure de notre conscience, nous trouvons qu’elle est bahirmūkh dans son orientation, dirigée vers l’extérieur. Le mental en nous, le vital – ou l’énergie de vie, prāna –, le corps lui-même, à ce niveau d’activité extériorisée, n’existent que dans leurs relations et leur dépendance à l’égard du monde objectif qui nous entoure. Ils existent, agissent et réagissent comme projection d’eux-mêmes dans tout ce qui est perçu et expérimenté comme autre que soi. Cependant, en se retirant de cette formation superficielle de la conscience, en se tournant « au-dedans », et plongeant ainsi dans les profondeurs de notre être conscient, nous trouvons de vastes domaines qui apparaissent comme des cercles concentriques de niveaux de conscience qualitativement distincts, organisés en chacun des éléments de notre conscience que sont le mental, le vital – ou énergie de vie – et le corps.

   Nous trouvons là une formation de la conscience propre à chaque domaine, qui est bien plus vaste, plus dynamique dans son pouvoir de connaissance, de volonté et d’action, que celle que nous trouvons dans notre être de surface. Elle communique avec une dimension plus vaste, plus universelle de l’existence. La psychologie moderne l’appelle « subliminale », une conscience située juste en deçà du seuil de la surface. C’est là que les opérations plus larges et plus subtiles de l’être conscient trouvent leur origine.
   Plus profondément encore à l’intérieur de ces cercles concentriques, se trouve un domaine intérieur de la conscience qui est plus proche, en qualité de luminosité et de possibilités d’action, du cœur même de notre être : le centre « psychique » de la conscience. 
   Ce centre est le siège de cette formation concentrique de la conscience qui soutient la personnalité humaine. Sa qualité propre est celle d’une joie inaliénable, une perception et une connaissance directe des choses, des gens, des événements et une action autoréalisatrice.
   Là se trouve le chemin d’accès aux dimensions verticales de l’existence consciente, et c’est le “centre psychique” qui nous fait entrer dans cette autre qualité d’être. Dans l’ascension verticale s’étagent des niveaux de conscience en une série ascendante, qui nous mènent au-delà des limites à l’intérieur desquelles la personne humaine vit et fonctionne habituellement, vers des domaines où l’intuition, la connaissance, la volonté dynamique et l’action ont leur demeure native. Jusqu’à ce que l’on arrive, par l’expérience directe de l’identité, à la Conscience Une et Indivisible dans l’univers et par delà.
   Cette simple esquisse de la structure ou des formations de notre conscience, qui ont fait l’objet de tant d’explorations minutieuses et détaillées au cours des siècles, rend à peine justice au matériel disponible. Nous faisons simplement un constat et indiquons la richesse de l’expérience et du matériel qui en rend compte.

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   Plus explicitement, c’est la connaissance à laquelle ils étaient parvenus qui permit aux anciens Indiens de visualiser, d’élaborer et de mettre en pratique les nombreux chemins de la discipline yogique, dotés chacun de ses procédés spécifiques qui visaient toujours à combiner et recombiner, transmuer les éléments de la conscience d’un niveau à un autre, afin d’explorer continuellement les possibilités plus grandes de l’être et de transcender les limites présentes de la condition humaine.
   C’est aussi par cet effort d’exploration des opérations de la conscience à ses différents niveaux qu’une connaissance de la matière – de ses constituants et de leurs qualités – fut obtenue. L’Un indivisible créant en Son Existence consciente une substance tirée de son propre être, pour se donner forme à lui-même, aux fins de créer un univers de formes dans l’étendue de sa substance, telle était, pour l’Inde ancienne, la réalité de la matière[1].

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   C’est sur ces vérités, étudiées méticuleusement dans tous les domaines intérieurs de la conscience durant des siècles d’effort avec rigueur et précision, que l’Inde bâtît sa vie et sa civilisation. Elle créa ses chemins de disciplines yogiques et d’expériences spirituelles, les structures intellectuelles de sa logique, de sa grammaire et de sa rhétorique, ses écoles de médecine, ses nombreuses sciences et méthodes éducatives, sa littérature et ses arts. Chacun était compris comme l’expression d’une vérité de l’existence consciente, et chacun redécouvert comme une de ses formes.. Elle construisit aussi ses royaumes, ses temples et ses monuments, ses palais et ses forts, sa vie d’opulence et d’échanges, sa politique est ses liens avec les terres les plus lointaines. Toutes les richesses d’une grande civilisation aux multiples facettes, telle que l’histoire nous la révèle, naquirent des vérités que cette profonde exploration de la conscience révéla à l’esprit Indien.
   Ces vérités étaient enracinées dans cette vérité compréhensive que c’est la Conscience, ainsi que la Force qui lui est inhérente, qui donnent forme à la matière et constituent le ressort secret de toute l’énergie qui opère en elle. Maîtriser la matière « de l’extérieur » est un procédé partiel et incomplètement effectif, comme nous le démontre clairement la civilisation scientifique présente. Connaître la matière « du dedans », comme la création d’une forme hors de la substance de l’Existence consciente, c’est la connaître dans sa plénitude d’être, où réside son pouvoir d’action et de résultat effectifs. Là s’ouvre la possibilité d’une maîtrise des énergies qu’elle renferme secrètement en son sein.

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   C’est sur cette zone frontière que nous nous tenons aujourd’hui. La science qui, pour percer les secrets de l’énergie que renferme la matière, a adopté une méthode réductionniste d’enquête sur les éléments qui la constituent, est arrivé à un point où ses découvertes nous montrent que la matière est faite de « touts » et non d’éléments constitutifs assemblés, comme on l’avait cru. Des « touts » dotés d’une qualité dynamique et organique propre qui détermine la nature et les fonctions mêmes des parties constituantes. Le concept « d’éléments constitutifs » est dépassé, remplacé par celui d’un «Tout » préexistant. S’agit-il d’un Tout d’énergie consciente ? Là se trouve peut-être le pas suivant qu’il nous reste à franchir, en deçà duquel nous resterions à l’intérieur de nos limites présentes.
   Cependant, la convergence croissante de ces deux approches divergentes quant à leurs méthodes est l’un des faits les plus significatifs de notre époque et souligne la singularité de ce moment dans l’histoire évolutive que nous vivons, à l’aube d’un nouveau millénaire. D’un côté, nous trouvons la tentative multiséculaire de connaître par une exploration de la conscience jusqu’à l’univers matériel lui-même, en suivant la méthode intuitive d’une connaissance par identité ; de l’autre, nous trouvons l’approche de la matière comme seule réalité, cherche à la réduire en ses éléments constituants par la méthode réductionniste de l’analyse et du réassemblage des éléments obtenus en une somme reconstituée. Cette dernière approche nous a conduit à un renversement des premiers résultats, renversement si complet que les éléments constituants s’avèrent ne pas exister en tant qu’éléments. Seul le Tout existe et se présente à nous au sein même de ce qui semblait n’être qu’un élément constituant !
   Nous arrivons à un point d’intégration de connaissance et d’expérience, où l’objectif et le subjectif se fondent dans la vaste expansion de la Totalité. La conscience se projette elle-même en les formes de son propre être et la matière se révèle n’être rien d’autre que substance consciente. Dirons-nous que la matière n’est rien d’autre que l’Esprit, manifesté comme substance ?

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   Ce phénomène d’intégration nous donne un nouveau point de départ pour la prochaine courbe de notre évolution ainsi qu’une ferme fondation pour un nouveau cycle de connaissance et d’action. Car nous partons alors d’une matière qui est consciente d’elle-même comme substance de l’Esprit, qui a repris possession de sa propre réalité. Elle n’est plus cette inconscience qui émerge par degrés de son mutisme originel, elle apparaît au contraire pleinement consciente de son origine dans l’Esprit et de la plénitude des pouvoirs de l’Esprit. La matière peut dès lors se manier elle-même consciemment. Quand le mental en nous tente d’en organiser les activités selon ses propres plans, cela ne marche pas vraiment, comme nous pouvons le voir dans le monde aujourd’hui. Une matière éveillée, qui possède l’omniscience de l’Esprit, serait sans doute à elle-même son meilleur guide.
   Est-ce aller trop loin ? Nous ne le pensons pas. Un esprit secret gouverne ses opérations qui, laissé à lui-même, est infaillible en ses opérations. La faillibilité réside plutôt dans nos opérations mentales qui ne relèvent que d’un seul niveau de notre être conscient et n’offrent qu’une seule perspective sur laquelle celui-ci fonde toutes ses prévisions. Ils ne possèdent aucune perception, aucune vision de la totalité étagée de la création, encore moins de l’origine du mental lui-même au sein de la vaste Existence indivisible : il repose sur la splendeur limitée de sa petite île ! Tant que le mental ne sera pas arrivé à fonder ses opérations dans un domaine qui dépasse le sien, où le Réel est donné en un seul regard qui embrasse tout, son action restera inconcluante et liée à l’erreur.
   C’est pour rendre possible une telle transition du mental vers son au-delà qu’une exploration nouvelle de la conscience fut entreprise à notre époque par Sri Aurobindo. Un travail dans lequel il fut rejoint par La Mère, dont le voyage la mena d’Égypte à la France puis à l’Inde.
   Sri Aurobindo découvrit, dans la série ascendante des niveaux de conscience, un niveau qu’il appela « Supramental ».
   Il le décrit comme un niveau de transition de tout le procédé de l’évolution, par lequel « La Matière devient réelle pour l’Esprit et l’Esprit pour la Matière »[2] . Un niveau de conscience vers lequel notre mental semble tâtonner à petits pas mais non sans assurance ! Tel est le but de sa quête présente de la Totalité, devenue si visible aujourd’hui. Le mental serait-il à la recherche de sa propre évolution, des moyens d’un dépassement de soi ? Transcender ce qu’il sait être ses limites pour arriver à la vastitude qu’il perçoit au-delà de son propre horizon ?
   La pression de la vie et des circonstances nous pousse vers cette transcendance. Et les techniques que nous avons créées insistent pour que nous soyons à la hauteur de ses mouvements vastes et subtils dans l’univers. Nous ne pouvons plus nous permettre de rester où nous sommes. Nous sommes projetés en avant par la célérité de nos propres inventions, nos inventions dans la matière.
   La Matière nous emmène et nous montre le chemin!

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   Sri Aurobindo ajoute à cela une riche possibilité de procédés qu’il nous appartient de mettre en œuvre. Il a, avec La Mère, expérimenté et mis en pratique – depuis un siècle maintenant – une autre ligne de croissance consciente, un autre chemin de yoga dans l’histoire millénaire de l’Inde, qu’il appelle le « yoga intégral ». Un chemin s’est ouvert à l’homme dans son existence collective, vers de plus grandes possibilités de conscience et vers une nouvelle étape dans l’évolution de la terre. Ensemble, ils ont élaboré le procédé, dans les détails les plus minutieux des fonctionnements de la conscience, afin que le niveau qu’ils ont appelé « Supramental » puisse être atteint par l’homme mental.

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   Les déséquilibres de notre civilisation ne sont pas essentiellement dûs aux facteurs extérieurs de la vie ni à l’organisation de ses structures. Ils résultent du type de conscience qui est celle de l’homme, de ses limitations, ses partialités, ses maniements superficiels des grandes forces cachées de la vie. La conscience a besoin de s’approfondir, s’élargir, s’élever. Elle a besoin d’être intégrée à ces dimensions pour que l’homme puisse entrer dans la vraie maîtrise des ressorts cachés de l’univers et de leurs fonctionnements.
   Lorsque nous jetons un regard sur le monde aujourd’hui, nous constatons que l’homme a mis le « yoga », en ces nombreuses formes, anciennes et modernes, au centre de son attention. Il se sent obligé d’en appeler à leur pratique par une juste l’intuition que tel est le chemin à suivre. La conquête de la nature et la maîtrise de ses forces ne lui ont laissé que l’illusion d’être créateur – car il ne peut véritablement maîtriser ce qu’il a créé. Il doit d’abord se recréer lui-même pour découvrir ce qu’il doit devenir dans sa conscience, quelque chose de qualitativement plus grand que ce qu’il est actuellement, afin de se hausser à la hauteur des structures de la civilisation qu’il a créée et devenir son maître effectif.

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   Nous voyons aujourd’hui l’ancienne quête patiente de l’esprit indien revenir au premier plan des recherches de l’homme. Son être même est maintenant mis en question : que peut-il devenir ? Et comment peut-il le devenir ? La Nature, il semble qu’il l’ait conquise mais qu’en est-il de lui-même ?
   La question éternelle nous reste posée. Et il doit en être ainsi jusqu’à ce qu’un haut sommet de transcendance soit atteint.
   Dans la quête immémoriale de l’Inde, et sur les chemins qu’ont marqués ses pas à travers les âges, repose pour l’homme le secret de ses triomphes à venir.

© Aster Mira Patel 2004-2010


[1] Nous nous rappelons cette affirmation d’un éminent physicien Indien, DR. D.S. Khotrari, faite lors d’un entretien personnel : « On ne peut connaître la matière si l’on ne connaît pas la conscience. »

[2] Sri Aurobindo, The Life Divine, Sri Aurobindo Birth Centenary Library, Sri Aurobindo Ashram, Pondicherry 1970, Vol. 18, p. 25

 

 


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